Un grand merci à Xavier Bossier, membre de l’Association Française de Lichénologie (A.F.L.) et jardinier-botaniste spécialiste des lichens au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse, venu nous parler avec passion  des lichens.lichens2017-100

Tout d’abord Xavier nous présente une conférence avec un diaporama et nous apprenons beaucoup , en résumé :

  • le lichen est organisme symbiotique entre un champignon (ascomycète ou parfois basidiomycète) et une ou deux algues (vertes ou parfois bleues à cyanobactéries).
  • l’algue apporte au champignon vitamine B et sucres et le champignon (90% de la masse du lichen) apporte à l’algue, protection, sels minéraux, eau, vitamine C.
  • apparition estimée entre 400 e t 600 millions d’années, ils ont constitué un sol primitif sur lequel plus tard d’autres végétaux s’installeront (mousses, fougères, conifères, plantes à fleurs herbacées ou ligneuses). Ils ne sont pas des parasites et n’utilisent et ne dégradent pas le support. A la différence des algues et des champignons qui dégradent la roche et leurs supports.
  • croissance très lente de quelques millimètre par décennies , en milieu préservés (montagne) certains individus peuvent être multicentenaires.
  • le nombre d’espèces est d’environ 3600 en France (plus de 25000 espèces dans le monde).
  • la reproduction est soit – sexuée par le biais d’apothécies (en forme de coupe) ou de périthèces (en forme de petit volcan) dans lesquelles attendent les spores du champignon avant d’être expulsées    – asexuée par le biais de soralies ou d’isidies qui sont des excroissances végétatives  issues du thalle et porteuses déjà de l’algue et du champignon.
  • on trouve des lichens partout sur la planète incluant les déserts ou l’antarctique et sur tous les supports : murs, toits, arbres, verre, trottoirs, bancs, panneaux.
  • il y a plusieurs types de morphologies : foliacé, crustacé, fruticuleux, lépreux, gélatineux, squameux…
  • les lichens sont des indicateurs de la richesse d’un milieu ou de la dégradation de celui-ci.
  • ils ont la capacité à accumuler les particules d’éléments toxiques atmosphérique avec+/- de tolérance en font de parfait bio-indicateur de la qualité de l’air, mais aussi des indicateurs de continuité écologique forestière, de la qualité d’un cours d’eau, de l’impact du réchauffement climatique…
  • les lichens sont également des révélateurs de présence faunique : relation avec les oiseaux, papillons nocturnes, gastéropodes et microfaune.
  • le s lichens s’arrêtent de croitre en conditions défavorables puis reprennent vie en quelques minutes si les conditions redeviennent bonne (humidité).

Les lichens sont des outils pédagogiques car c’est une micro-station écologique.

Il y a un intérêt à les maintenir en ville où ils soulignent majestueusement nos monuments et redonnent de la couleur aux mobiliers urbains en plus de leur apport en terme de biodiversité.

Quelques ouvrages : Guides des lichens de France T1, 2 , 3 et  Guide des lichens (éd Delachaux et Niestlé 2002)

Sites : afl-lichenologie.fr

Après la projection du diaporama, nous nous déplaçons vers le bel échantillonnage apporté par Xavier pour découvrir des différents usages possible des lichens : teintures, peintures, alcool, parfumerie, alimentation humaine ou animale, pharmacopée :

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Enfin, bravant la tempête (nous étions en alerte orange pour vent d’autant !) nous sortons rue de Soye pour découvrir des spécimens :

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